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Rencontre
Ode à l'acier
 




Stephan Oswald : plus qu'une relation sensuelle, une véritable communion avec l'acier.(Photo DNA - Michel Frison)
 

Stephan Oswald ne sculpte pas l'acier, il communie avec. Ses oeuvres interpellent et il suffirait de pas grand-chose pour qu'elles ne s'animent sous les mots de leur créateur.
 
L'artiste a le verbe passionné, le sourire généreux et des projets à revendre. Il en parle et les réalise, c'est aussi simple que cela avec Stephan Oswald.
A 34 ans, il affiche un parcours déjà bien rempli avec un tour du monde, une expérience dans l'immobilier et la création d'une entreprise de mécanique-serrurerie avec laquelle on touche au coeur de l'homme. « Mon grand-père, mon père étaient dans l'acier, je suis né dans l'acier et je vis par lui. Ça fait partie de mon âme », commente-t-il.
En 2000, il vend son entreprise et part vivre à Bordeaux avec son épouse et leurs quatre enfants, « pour faire un break ». Pendant trois années, il se lance à temps complet dans la sculpture et habille le terrain qui entoure sa maison d'objets d'acier. Ce qui n'est pour lui qu'« une occupation » attire très vite les regards. Le voilà alors propulsé sur le devant de la scène artistique locale.
 
Relation sensuelle
 
Mais des raisons familiales l'amènent à revenir en Alsace, il y a quelques mois, et à laisser derrière lui une reconnaissance qui va grandissante. Qu'à cela ne tienne, « il faut que l'aventure continue ! ». Employé dans une entreprise de mécanique-serrurerie le jour, il passe ses nuits et ses week-ends à sculpter. « Je veux donner à chaque pièce sa destinée », dit-il.
De ces rencontres entre l'homme et la matière sortent des personnages étranges ou des meubles. Deux axes de travail qui lui permettent d'explorer toute une gamme de relations avec le matériau. « Les monstres, c'est du fer torturé. Il faut frapper dessus en y mettant toute sa fureur », observe-t-il. Des cicatrices, des brûlures et de récents points de suture témoignent de cette confrontation violente. Mais il évoque aussi un rapport sensuel avec l'acier : « J'aime le rendre beaucoup plus doux, lui donner des formes voluptueuses. Je porte cette passion pour la féminité sur le meuble ».Le mois de novembre et les Artistes libres d'Alsace lui ont offert ses deux premières occasions d'exposer en Alsace. « Le public s'est montré curieux au-delà de nos espérances », confie-t-il, et derrière ses propos se profile le rôle joué par son épouse et ses enfants : « Sans ma famille, les résultats ne seraient pas là ».En tout cas, les visiteurs ouvrent un oeil émerveillé et intrigué devant ses sculptures. Stephan Oswald dit ressentir « un cataclysme de bonheur à créer » et les oeuvres qui portent en elles cette énergie-là ne sont pas si fréquentes.
 
J.Bi© Dernières Nouvelles D'alsace, Dimanche 11 Janvier 2004. - Tous droits de reproduction réservés