Accueil Boutique en ligne A venir L'Elfe du métal Parcours Médias Nos réalisations Monumentales Moyennes Petites Portails et balustrades et meubles ContactRencontre L'art et l'Atlantique en solitaire Stephan Oswald prépare, au nom de l'art, une traversée de l'Atlantique en solitaire. (Photo DNA) Natif d'Entzheim et escovien d'adoption, Stephan Oswald a toujours vu en l'art un moyen d'aller au-devant de son prochain. Un principe qu'il pousse aujourd'hui dans ses derniers retranchements : le sculpteur projette une traversée de l'Atlantique en solitaire pour amener une oeuvre monumentale de sa création devant le peuple américain. « Cette sculpture sera en aluminium, elle fera 7 à 8 mètres de haut et représentera un grand homme qui marche. Elle sera accrochée au mât, ce qui fait qu'elle ressemblera presque à un véhiplanchiste ». « On peut faire aimer l'art contemporain aux gens à condition de l'amener à eux » Le nez plongé dans ses croquis, Stephan Oswald vous regarde, rigolard, tout en évoquant le projet qui l'occupe presque à plein temps, désormais. « C'est dingue ce truc, non ? » Le truc en question, il est effectivement un peu particulier. Le sculpteur escovien n'en revient d'ailleurs pas lui-même de ce qu'il s'apprête à réaliser. Car Stephan parle d'une traversée de l'Atlantique en catamaran, en solitaire qui plus est. Ceci, une gigantesque statue fixée à la poupe pour porter l'art, son art, par-delà l'océan. Même si l'artiste, modeste, s'en défend, il y a du Bartholdy dans cette histoire, assurément. Une odyssée alsacienne ? Cela fait longtemps -quatre ans !- que Stephan mûrit le projet. Tout sauf un coup de tête, donc, pour le gaillard qui, à 38 printemps, a déjà une belle vie d'artiste derrière lui. Quelques amusantes excentricités, aussi. « Après avoir passé cinq ans en Gironde, où j'ai débuté ma carrière de sculpteur, je suis revenu en Alsace en 2000. C'est là qu'un jour j'ai eu une idée : je me suis dit qu'on pouvait essayer de faire aimer l'art contemporain aux gens en l'amenant à eux. J'ai donc loué un camion, mis trois sculptures dessus et j'ai traversé toute la France, pendant trois mois, pour les montrer dans la rue, sur les places des villages. Les réactions ont été fabuleuses ». L'anecdote est importante car c'est d'elle que cette traversée de l'Atlantique puise son inspiration. Sortir l'art des musées et des lieux qui lui sont traditionnellement consacrés pour mieux le partager : voilà, de fait, le credo de Stephan depuis ce périple au gré des bourgs, des campagnes et des cités. La passion de l'ancien marin pour la navigation a fait le reste : « Pour moi, la mer, c'est la matrice par excellence du "tout est possible". Alors, j'ai eu envie d'allier l'art et l'océan pour aller au-devant des gens ». L'artiste a donc fait son travail. Soit imaginer un projet dans lequel il porterait son oeuvre au nouveau continent en un message de fraternité. Esquisses, plans, croquis ont suivi. Pour mener, aujourd'hui, aux premiers pas concrets de ce rêve au long cours. Le navire est désormais en construction du côté de Brest ; la statue, elle, sera fabriquée au premier semestre de l'année prochaine à Eschau. Bref, tout est prêt ou presque, alors que le sculpteur boucle son budget (300 000€, Ndlr). « L'idée, ce serait de partir à l'automne 2008, au plus tard à l'automne 2009. Je voudrais que la statue traverse d'abord la France sur un camion, puis qu'elle prenne la mer avec moi sur le catamaran à partir de Brest. De là, on partira pour New York, le voyage durera deux à trois mois ». Causer art, mais aussi écologie et environnement Ce voyage, ce sera une main tendue au-dessus de l'océan. Car là-bas, Stephan entend aller à la rencontre des gens. Causer art, mais aussi écologie et environnement. Sensibiliser à ces préceptes, pourquoi pas, par l'exemplarité de son projet, lui-même pétri des idées du développement durable. « Le catamaran, qui est construit sur mesure, n'utilisera aucune énergie polluante, explique Stephan. Il intégrera des éoliennes et des électrogénérateurs dans ce but. Et puis, à la fin du voyage, quand je reviendrai en catamaran avec la statue, celle-ci sera vendue aux enchères à Brest. Tous les gains seront reversés à une association à but écologique ». D'une certaine idée de l'art qui se met au service du monde et de ses habitants... Nicolas Blanchard © Dernières Nouvelles D'alsace, Vendredi 23 Novembre 2007.